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Vous êtes-vous déjà demandé quel était le titre original de chaque film que vous avez regardé ? Que vous soyez littéraires, traducteurs, interprètes, cinéphiles avertis ou bien simples curieux, quelle a été votre surprise de constater que les distributeurs se sont octroyé quelques libertés lors de la traduction de l’anglais vers le français !? Et cela ne date pas d’aujourd’hui ! Souvenez-vous du film North by Northwest, d’Alfred Hitchcock, sorti en 1959 et que l’on peut aisément traduire par Nord Nord-Ouest. Non ? Cela ne vous revient pas ? Mais si, faites un effort ! Il y eut cette scène mémorable où Cary Grant est poursuivi puis survolé de très près par petit avion dans un champ. Eh oui, ce classique du suspense hollywoodien est plus communément connu sous le titre de La Mort aux trousses. Je vous l’accorde, c’est un poil plus « accrocheur » qu’un banal point cardinal. Et il est vrai que Cary Grant et Eva Marie Saint flirtent plusieurs fois avec la mort au cours de leurs péripéties. Je vous rassure : Les Oiseaux (Birds), Psychose (Psycho) et L’Homme qui en savait trop (The Man Who Knew Too Much) sont restés fidèles aux titres originaux.

Dix ans après La Mort aux trousses, c’est Henry Hathaway qui signe True Grit (Le Vrai courage). Le titre français 100 dollars pour un shérif évoque bien l’intrigue du film à un détail près :  la jeune Matty Ross (Kim Darby) qui souhaite venger la mort de son père, assassiné, engage un représentant de la loi, Rooster Cogburn, incarné par John Wayne pour accomplir cette tâche. Sauf que ce dernier n’est pas shérif mais marshal… On peut se demander si les distributeurs français ont bien vu le film avant de décider du titre.

Si l’on veut trouver un titre plus explicite encore, je pense que Morgan Stewart’s Coming Home (littéralement Morgan Stewart rentre à la maison), de Paul Aaron, est LA référence. Cette comédie sortie en 1987, raconte les désillusions de Morgan, un collégien rappelé au domicile familial afin de « booster » la campagne électorale de son père. Si le titre original nous plante le décor, sa traduction française va carrément « divulgâcher » (spoiler pour les fans de séries) puisque cela donne : Qu’il est dur d’être farceur, d’aimer la musique pop et les films d’horreur quand on a un père qui se présente aux élections. Non vous ne rêvez pas ! Allez faire tenir ça sur l’affiche ou le ticket de cinéma !

Parfois, c’est une question de point de vue qui diffère de chaque côté de l’Atlantique. Même si Michael Cimino a souhaité évoquer les atrocités de la guerre du Vietnam et ses conséquences sur ses protagonistes (on retrouve, entre autres, dans le casting Robert de Niro, Meryl Streep et Christopher Walken), il a choisi d’intituler son film The Deer Hunter (Le Chasseur de cerf). En effet avant d’être incorporés, les trois amis avaient l’habitude de chasser le cerf. Rien à voir, avec l’enfer qui les attendait. C’est sans doute pour cela que la version française s’appelle Voyage au bout de l’enfer. Pas d’ambiguïté possible ici.

Surfer sur la vague du succès d’un autre film est aussi une source d’inspiration pour les distributeurs. Avec, cependant, une réussite relative. Prenez Le Flic de Beverly Hills (Beverly Hills Cop) de Martin Brest, avec Eddy Murphy et sorti en 1984. L’engouement du public pour les frasques de l’inspecteur Axel Foley fut tel, que les producteurs en firent deux suites (en 1987 et en 1994). En 1997, le réalisateur Thomas Carter fait donc aussi appel à Eddy Murphy, alors au sommet de sa popularité, pour incarner un négociateur de la police de San Francisco dans le film Metro, en référence, sans doute à l’une des principales scènes d’action qui se déroule à bord d’un tramway de la ville californienne. En France, on avait déjà eu Subway, de Luc Besson, et que les Américains ont traduit par…Subway. Il aurait été donc logique de garder Métro pour le film de T. Carter. Au lieu de cela, les distributeurs français ont préféré Le Flic de San Francisco. Ça ne vous rappelle rien ? Au final, pas de record au box-office, pas plus en France qu’aux États-Unis. Est-ce qu’un Flic de Beverly Hills 4 aurait été plus vendeur ? Nul ne le sait.

En revanche, parmi les nombreuses sagas cinématographiques qui ont su tirer leur épingle du jeu, citons celle des Die Hard (Dur à cuire, dans le texte) qui totalise cinq opus entre 1988 et 2013. Quinze ans durant lesquels Bruce Willis, alias le lieutenant John Mc Lane, a d’abord combattu des preneurs d’otages dans un gratte-ciel comparé à un Piège de cristal (pour le premier Die Hard de John Mc Tiernan), puis eu 58 minutes pour vivre (Die Hard 2 : Die Harder, de Renny Harlin) et sauver plusieurs avions de la catastrophe. Dans Die Hard with A Vengeance, de John Mc Tiernan (que l’on aurait pu traduire par Dur à cuire avec une vengeance) Bruce Willis s’associe malgré lui à Samuel L. Jackson lors d’Une Journée en enfer pour empêcher une série d’attaques à New York. Les distributeurs français lui offrent un Retour en enfer pour le quatrième volet : Live Free or Die Hard (littéralement Vis libre ou crève), de Len Wiseman. Avouez qu’on est à la limite de l’acharnement. On pourrait craindre que dans l’épilogue A Good Day to Die Hard, de John Moore, retranscrit – enfin ! – à l’identique par Une Belle Journée pour mourir, l’heure serait venue de tirer sa révérence pour notre infatigable empêcheur de tourner en rond. Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, je vous laisse vérifier si sa réputation de dur à cuire s’est confirmée.

Encore plus surprenant, lorsque des films sont traduits de l’anglais…vers l’anglais. Vous croyiez que Very bad trip, de Todd Philips, était le titre original ? C’eût été logique, me diriez-vous, compte tenu de l’état dans lequel Bradley Cooper et ses acolytes se réveillent, après leur folle nuit. On dit bien « faire un mauvais trip » dans le cas d’une prise de drogues hallucinogènes. Pourtant, le titre initial aurait très bien fait l’affaire, puisque The Hangover signifie la gueule de bois. Sans doute les distributeurs français n’avaient-ils pas les idées très claires, eux non plus.

Certains titres de films sont intouchables, souvent parce que leurs auteurs l’exigent. C’est le cas, par exemple, de la saga au succès planétaire de George Lucas, Star Wars, dont les titres ont été scrupuleusement traduits à l’identique de la version américaine (d’Un nouvel espoir pour A New Hope jusqu’à L’Ascension de Skywalker pour The Rise of Skywalker). À une exception près et de taille : Star Wars aurait dû être traduit par Les guerres de l’étoile et non La guerre des étoiles. Sans doute encore une histoire de sonorité, mais non attestée officiellement. Et vous, quel aurait été votre choix ?

Même traitement de faveur pour la série des James Bond. Pas de fantaisie ni d’excès, dans la pure tradition britannique.

C’est comme si le spectateur ne pouvait pas comprendre le sens d’un titre et qu’on avait besoin de l’infantiliser. À ce propos, pensez-vous qu’un enfant français aurait plus de mal qu’un enfant norvégien ou québécois à faire le lien entre les mots gel ou gelée et une héroïne de dessin animé, capable de transformer tout ce qu’elle touche en glace ? C’est pourtant les titres qui ont été choisis en Scandinavie et au Québec pour traduire Frozen, alias La Reine des neiges. Enfin, cela aurait pu être pire : ont-ils pensé à Gelée royale ou bien La Glacière ? OK, j’arrête de délirer, ou plutôt j’arrête mon « mauvais trip ».

Je ne pouvais conclure sans rendre hommage à nos cousins québécois qui transigent beaucoup moins que nous dans leurs traductions, en conservant, quasi systématiquement, le sens original des titres des œuvres étrangères. On les connaît pour être parfois plus francophones et francophiles que les Français eux-mêmes. Je l’admets, le résultat n’est pas toujours des plus heureux, mais qu’importe, il s’agit du respect du travail de l’auteur. Pensez-y à l’occasion de votre prochaine sortie cinéma.

*Le titre original des Dents de de la mer de Steven Spielberg est Jaws (littéralement « Mâchoires » en anglais).

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Même si vous n’êtes pas fan de foot, vous n’avez pas pu passer à côté des récentes performances des clubs français (masculins et féminins) en Ligue des Champions UEFA, à la fin du mois d’août. La double performance des joueurs de l’Olympique Lyonnais, face aux mastodontes turinois (la Juventus) et mancunien (Manchester City), n’a rien à envier à la place de finaliste des joueurs du Paris Saint-Germain (défaite 0-1 contre le Bayern de Munich).

Mais que dire de l’exploit des « Fenottes », ainsi que l’on surnomme les joueuses de l’Olympique Lyonnais et qui, elles, ont remporté leur septième titre de championnes d’Europe face à l’équipe allemande de Wolfsburg, le cinquième d’affilée !

« Le football féminin est un sport de ballon qui se joue à onze, et à la fin, ce sont les Lyonnaises qui gagnent ». Cet adage est répété en boucle depuis plusieurs saisons, tant la domination des joueuses rhodaniennes, sur les scènes française et européenne, est marquante. Rendez-vous compte : depuis 2004, date de sa création, la section féminine de l’OL a remporté 31 titres.

Une seule joueuse a été de toutes les épopées et donc de tous les trophées. Il s’agit de l’emblématique capitaine, Wendie Renard, formée au club et pro depuis l’âge de 16 ans. Pour elle non plus, les superlatifs ne manquent pas. Du haut de ses 1,87 m, la défenseure de Lyon et de l’équipe de France féminine ne compte pas moins de 117 buts à son actif avec son club et 24 buts en sélection avec l’équipe de France, ce qui est inédit à ce poste de jeu.

Autre joueuse remarquable de l’effectif lyonnais : la norvégienne Ada Hegerberg. L’attaquante aux 220 buts avec les Fenottes, force le respect et l’admiration auprès de tous les amateurs du ballon rond. Elle est devenue la première lauréate du Ballon d’or féminin, en 2018, rejoignant ainsi les Zidane, Messi et Ronaldo dans la légende du football.

Outre son engagement sans limites sur la pelouse, Hegerberg milite également pour plus d’égalité et de respect envers les footballeuses en particulier et toutes les sportives en général. Pourtant, fin 2017, la fédération norvégienne avait pris une décision historique, en annonçant que les joueuses de la sélection toucheraient le même salaire que leurs homologues masculins. Pas suffisant pour Hegerberg qui va, malgré tout, boycotter l’équipe nationale, à cause, selon elle, « du manque de moyens, d’installations et d’investissements » en faveur des joueuses, notamment dans le championnat norvégien, où près de 80 % des d’entre elles gagnent moins de 10 000 € par an.

Hasard du calendrier : le film documentaire « Les Joueuses », réalisé par Stéphanie Gillard et produit par Julie Gayet, a été présenté, en avant-première, trois jours après le sacre des Lyonnaises. À l’instar des « Yeux dans les Bleus » pour les garçons, lors de la Coupe du monde de foot 98, le long-métrage nous plonge dans le quotidien de l’OL féminin durant la saison 2018-2019. Déjà, à l’époque, les revendications des joueuses appelaient à « changer les mentalités ». Il y est question de quête de « respect » et de « reconnaissance ». L’absence de parité et d’égalité hommes-femmes qui touche la société en général, n’épargne pas le monde du sport. Pis, les disparités y sont encore plus flagrantes, compte tenu des sommes astronomiques qui y transitent. En France, en 2019, le salaire mensuel moyen d’une footballeuse professionnelle était de 2 494 € brut contre 73 000 € chez les hommes !

Autre exemple qui interpelle : le récent contrat de partenariat entre la star norvégienne et l’équipementier NIKE, d’un montant, soi-disant « record », d’un million d’euros sur 10 ans, est à relativiser, si on le compare à celui de Mbappé, qui perçoit 2 à 3 millions d’euros… par an. Certains diront que ce n’est pas comparable, que Mbappé est bien plus célèbre, plus fort, plus technique. Oui, peut-être, et alors ? Hegerberg et ses co-équipières s’entraînent tout aussi durement et aussi longtemps que les hommes, jouent des matchs de 90 minutes, sur un terrain aux dimensions identiques. Et en plus, elles restent moins longtemps au sol après un tacle ou un mauvais coup, ne jouent pas aux pin-up sur les réseaux sociaux et ne s’affichent pas au volant de supercars. Pas de quoi justifier de tels écarts salariaux, vous en conviendrez.

Aux États-Unis, les joueuses de l’équipe féminine de foot quadruple championne du monde et emmenée par la star Megan Rapinoe, sont bien plus populaires que leurs homologues masculins. Devinez qui touche les plus grosses primes ? Les hommes bien sûr, avec l’aval de la justice américaine qui a débouté toutes les requêtes déposées par les joueuses.

Ce serait un raccourci trop facile d’affirmer que le monde du sport (dirigeants, sponsors, fédérations, athlètes masculins, médias) est, depuis très longtemps, un monde d’hommes, de machos, qui n’ont eu de cesse de dévaloriser les performances des athlètes féminines pour mieux se partager les revenus générés par les compétitions. Néanmoins, force est de constater que les mentalités évoluent trop lentement.

Cet été, TF1 a finalement sorti le chéquier pour acquérir les droits de retransmission de la finale masculine de la Ligue des Champions, en espérant que Lyon et/ou le PSG seraient de la partie. Le jour J, la plupart des chaines d’info en continu ont consacré des éditions spéciales dignes d’un mariage princier ou d’une élection papale. On pouvait suivre, minute par minute, les faits et gestes de l’équipe parisienne, jusqu’au coup d’envoi. On connait la suite, hélas… Mais qu’on se rassure, le record d’audience a été battu ce soir-là, par la chaine française.

Quid des filles ? Pas de bouleversement de programme pour elles. C’est sur une chaine payante, Canal+, et une autre de la TNT, W9, qu’elles ont triomphé, avec, là aussi, des records d’audience battus sur les deux antennes. Peut-être que TF1 pensait que les Parisiens allaient avoir plus de chance que les Lyonnaises ? Idem chez France Télévision ?

Au lendemain de leur victoire, le quotidien sportif L’Équipe a préféré consacrer sa Une au cycliste Julian Alaphilippe, qui venait de s’emparer du maillot jaune du Tour de France. L’exploit des Lyonnaises a été mentionné dans un bandeau, en haut de la page. Certains journalistes sportifs ont justifié ce choix éditorial en indiquant que la Grande boucle est bien plus populaire que le football féminin. Raison plus pour mettre nos sportives sur le devant de la scène et les rendre ainsi « populaires ». Et le Tour dure trois semaines, n’est-ce pas ? Donc pas de quoi lui faire de l’ombre, si de temps en temps, on évoque d’autres performances, féminines, qui plus est.

On avait cru que l’engouement suscité durant la dernière Coupe du monde de foot féminin, qui plus est, disputée en France, aurait définitivement placé nos joueuses et joueurs sur un pied d’égalité. On l’avait espéré aussi pour nos handballeuses (doubles championnes du monde) et basketteuses (vice-championnes d’Europe), surfeuses, sprinteuses, volleyeuses, skieuses, nageuses…

Soulignons quand même quelques signes encourageants. Après l’Australie, la Nouvelle Zélande, la Norvège et l’Angleterre, c’est la fédération brésilienne de foot qui vient, tout récemment, d’officialiser l’alignement des primes des joueuses de la Seleção (la sélection brésilienne pour les non-initiés) sur celles de leurs homologues masculins, à l’occasion des rencontres internationales. La pression monte donc au sein de la FFF (Fédération Française de Foot), qui ne peut rester indifférente et doit prouver, au contraire, que la notion « d’égalité » fait bien partie de notre devise nationale. Les joueurs, quant à eux, pourraient jouer la « fraternité », en plaidant la cause des Bleues. Imaginez la une des journaux : « Griezmann, Pogba et les Bleus réclament l’égalité hommes-femmes pour les primes de sélection et menacent de faire grève ». Honnêtement qui s’en émouvrait ?

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Quel est le point commun entre les communes de Guilherand-Granges (07), de Chazay-d’Azergues (69), de Besançon (25) de Palombaggia (2A), de Hendaye (64) et de Rians (83) ? Ce pourrait être une liste de destinations pour les vacances d’été. Pourquoi pas ? Après tout, nous n’avons que l’embarras du choix pour profiter de nos belles régions françaises.

En fait, tous ces lieux, ainsi que beaucoup d’autres, vous permettrons de vous initier au « géocaching » (geocaching en anglais). Ce néologisme (mot nouveau) qui est tiré de « géo » pour « géolocalisation » et « caching » pour « cacher », est un loisir qui consiste à utiliser un GPS pour rechercher ou dissimuler des « caches » (ou géocaches) dans divers endroits à travers le monde.

C’est le 3 mai 2000 qu’a été posée la première cache, par l’américain Dave Ulmer, profitant de l’ouverture au grand public de la technologie GPS. D’ailleurs, de nombreux « événements » (« events ») auraient dû avoir lieu en mai pour fêter les 20 ans du Géocaching, hélas, la COVID 19 en a décidé autrement.

Aujourd’hui, avec un smartphone et une application gratuite (la version Premium coûte 29,99 euros par an), vous avez potentiellement accès à près de 3 000 000 de géocaches disséminées sur la Terre, mais aussi à 2 431 mètres de profondeur, dans l’océan Indien, et même dans la Station Spatiale Internationale !

Le principe est très simple : un géocacheur dissimule la cache qu’il a créée dans une zone appelée « Point Zéro » (PZ) et marque la position sur le GPS. La cache est généralement une boîte qui renferme un « registre » (« logbook ») où le géocacheur-trouveur inscrit son pseudo et la date, attestant ainsi de sa trouvaille, avant de la remettre soigneusement à sa place. On trouve des boites de toutes tailles, de la boîte de comprimés à la boîte à chaussures, en passant par la boîte de cirage. Des boîtes dites « nano » ne dépassent pas la taille d’un bouchon de liège. Certains géocacheurs font preuve de beaucoup d’imagination en fabriquant eux-mêmes leurs boîtes, par exemple, en utilisant une balle de tennis qui sera dissimulée à proximité d’un court. Ou encore une pomme de pin creusée en son centre pour contenir le registre et qui sera ensuite suspendue à un arbre pour créer l’illusion parfaite.

Certains comparent cette activité à une chasse au trésor : que les fans de Cyril Féraud ou du regretté Philippe de Dieuleveult se rassurent. Nul besoin d’hélicoptère pour se déplacer d’une cache à une autre, ni de l’aide des habitants du coin pour vous guider. Au contraire, tout est une question de discrétion. Il y a bien sûr cette sensation de pratiquer une activité « confidentielle » et donc génératrice d’excitation. La plupart des caches sont bien planquées, habituellement au pied d’un arbre ou d’un buisson, dans un mur bordant un chemin de campagne ; d’autres trouveront refuge dans un panneau de signalisation, sous un banc public, ou derrière un poste électrique d’Enedis revisité par « l’art urbain » (street art)

L’objectif du géocacheur, pour ne pas dire l’obsession, c’est de ne pas se faire repérer par les non-initiés, que l’on surnomme les « moldus », en référence à Harry Potter, de peur que le précieux butin ne soit vandalisé ou dérobé. Parfois, un message explicatif est laissé à leur attention afin qu’ils fassent preuve de bienveillance s’ils tombaient par hasard sur une boîte.

Il existe des « multi-caches » pour lesquelles vous devez accumuler les indices, par exemple, en arpentant les rues d’un village pour découvrir son patrimoine. À chaque étape, vous collectez une partie des coordonnées qui vous permettront de localiser la cache finale.

Et même si vous n’êtes pas un grand adepte de la marche à pied, sachez que beaucoup de caches peuvent se faire en mode « drive », c’est-à-dire en combinant déplacements en voiture et petites marches jusqu’à la cache.

Vous l’aurez compris, le géocaching allie activité sportive, visite touristique et perspicacité. Car il arrive parfois de chercher longtemps sans trouver, même à plusieurs. Je vous en parle en connaissance de cause, car mon épouse fait partie des 8 millions d’adeptes du géocaching à travers les 5 continents. Elle a attrapé le virus (inoffensif, celui-là) il y a 3 ans et l’a, peu à peu, transmis au reste de la famille. J’avoue avoir traîné les pieds au début, sans doute parce que je considérais cela comme un passe-temps sans intérêt et limité à un territoire trop restreint à mon goût (nos premières découvertes étaient situées aux alentours de notre domicile).

J’ai vraiment commencé à me prendre au jeu lorsque les destinations devenaient plus lointaines et originales. Il y eut le Doubs, les Pyrénées-Atlantiques, la Savoie, l’Aude, le Jura, le Rhône, le Bas-Rhin, le Pays basque espagnol, et j’en passe… Nous avons aussi expérimenté les circuits de nuit, où les indices ne se repèrent qu’avec une lampe à UV. Plus rassurant quand cela a lieu en ville plutôt qu’en pleine forêt, mais tellement plus excitant !

Quant à mes filles, il ne leur aura pas fallu longtemps pour maîtriser les fondamentaux :  l’une gère l’itinéraire en se repérant sur l’appli, tandis que l’autre débusque les caches comme personne. Cette stratégie bien rodée a ainsi permis d’enrichir le palmarès de leur mère qui ne manque jamais de lyrisme et de poésie dans les commentaires qu’elle laisse sur le site web, à l’attention des propriétaires des caches. Avec 1 215 caches trouvées et 112 créées, à l’heure actuelle, sa passion et son inspiration restent intactes.

Certains géocacheurs ultra passionnés sont constamment en alerte et guettent sur leur appli le lancement d’une nouvelle cache pour être le « premier trouveur » (First To Find ou FTF). D’autres se consoleront d’être deuxième ou troisième.

Maintenant que le décor est planté, vous n’avez plus qu’à vous lancer… Quelle que soit votre destination de vacances, en France ou à l’étranger, il y aura toujours une cache à proximité. Que vous soyez simple randonneur du dimanche ou baroudeur, vous trouverez forcément les parcours qui vous conviendront. Il existe à Marseille une multi de 15 caches, sur le thème de l’obélisque de Castellane, partant de l’avenue du Prado et se terminant sur le boulevard Michelet. Vous n’aurez plus qu’à faire trempette, à l’arrivée, en guise de récompense. Sinon, vous pouvez tenter celle du GR20, en Corse, à condition d’être bien préparé. Plus accessible : les ruines du château de Crussol, sur les hauteurs de Guillerand-Granges, près de Valence. Le point de vue sur la Vallée du Rhône est magnifique et une douzaine de caches vous attendent tout autour du site.

Alors, maintenant que vous avez téléchargé l’appli, quel pseudo allez-vous choisir ?

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Chaque année, ils sont de retour : les Culicidés ou maringouins, plus communément appelés moustiques. Heureusement, l’homme a su trouver une parade en créant des insecticides, chimiques ou naturels, plus ou moins efficaces et qui visent à rendre nos journées et soirées d’été plus agréables. L’insecticide, quelle belle invention, selon moi, au risque de contrarier la plupart des entomologistes. Il suffit de voir les ravages causés tous les ans par le paludisme, la dengue ou le chikungunya pour s’en convaincre. Il en est de même pour les herbicides, fongicides, bactéricides, virucides (vous avez dit COVID ?), dont la terminaison a pour effet d’annoncer clairement la couleur. Cette terminaison s’appelle un « suffixe ». Mais qu’est-ce qu’un suffixe ? Il s’agit d’un élément (« cide ») placé après un radical (« insecte ») pour former un dérivé (« insecticide »).

Le suffixe « -cide » issu du verbe latin caedere qui signifie « frapper, abattre, tuer », sert à composer des substantifs ou adjectifs désignant des agents qui portent atteinte par une action destructive violente à la vie des organismes vivants (vie humaine, animale, végétale, cellulaire). Malheureusement, c’est là que tout se complique car, par extension, le suffixe a été rattaché à d’autres termes, créant ainsi des mots que l’on aurait aimé ne jamais prononcer : génocide, infanticide, fratricide, etc. Nous sommes loin, vous en conviendrez, du fameux « Cid » de Corneille, même si une ambiance tragique semble peu à peu nous envahir. Sachez qu’il existe au total, dans la langue française, 91 mots se terminant par « cide ». Tous n’ont pas une signification funeste, heureusement. C’est le cas, par exemple, de « glucide, lucide, acide ou placide ».

Il y en a un qui vient de faire son entrée dans le Larousse 2020 (alors qu’il figure dans le Robert depuis 2015 !) et ce, presque en catimini car tellement dérangeant, tellement choquant, tellement glaçant ! Il s’agit du mot « féminicide ». Bien qu’il fasse partie de notre triste actualité depuis plusieurs années, avec le décompte macabre conduisant à cette statistique qui ne doit surtout pas devenir une banalité : 1 femme meurt tous les 3 jours des coups de son compagnon ou     ex-compagnon.

Je me permets d’ouvrir une parenthèse purement étymologique qui nous rappelle qu’il existait déjà un terme qualifiant ce « meurtre d’une femme, d’une fille, en raison de son sexe » : c’est « l’uxoricide » (le meurtre d’une femme convaincue d’adultère et excusée par la loi dans le droit romain) qui a été « abandonné » au milieu des années 70, lorsque le féminicide est devenu « un fait de société ». Il était aussi imprononçable et peu évocateur auprès du grand public.

Aujourd’hui, le féminicide marque les esprits. Suffisamment ? Sans doute pas, selon moi. La société, de tradition patriarcale, macho et sexiste, dans laquelle nous vivons et où une relation amoureuse implique que la femme « appartient » à son compagnon, a beaucoup de mal à se défaire des stéréotypes selon lesquelles la femme ne peut être l’égale de l’homme.

Combien de générations faudra-t-il attendre pour que tous les jeunes garçons acceptent enfin (avec l’aide de leurs parents) qu’une fille puisse jouer au ballon dans la cour de récréation ? Combien de générations faudra-t-il attendre pour que tous les adolescents apprennent enfin (avec l’aide de leurs parents) que l’éducation sexuelle ne se fait pas en visionnant des films X ? Combien de générations faudra-t-il attendre pour que tous les hommes comprennent enfin qu’ils n’ont aucun droit de propriété ou de soumission sur leur compagne ? Dire que la société tout entière doit changer est une erreur car cela englobe les femmes ; or, je vous rappelle qu’il s’agit ici des victimes.

La solution viendra donc de nous, les hommes : en nous insurgeant plus fortement devant des tels agissements inadmissibles, en instaurant une vraie parité partout pour casser cette image de domination virile et en respectant, en chérissant la Femme à sa juste valeur, voire un peu plus. Ainsi, ce terme de « féminicide » tombera le plus vite possible dans l’oubli lexical.

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Nous avons eu « l’encéphalopathie spongiforme bovine » ou « maladie de la vache folle » pour définir une pathologie mortelle, puis les « armes de destruction massive » pour cautionner une guerre tout aussi destructive, les « subprimes » et le « triple A » pour illustrer une crise financière et ses répercussions. Chaque événement majeur nous fait découvrir des termes méconnus par la plupart d’entre nous. Si certains existaient déjà, d’autres ont été inventés pour l’occasion, avec plus ou moins d’originalité. Le but étant « d’essayer » de rendre le plus compréhensible possible des notions complexes, confidentielles et le plus souvent anxiogènes. Une chose est sûre : ça marche car ça marque les esprits des profanes que nous sommes.

La crise sanitaire du Coronavirus (ou COVID-19 pour les scientifiques) en est malheureusement le dernier exemple. Son nom n’a rien à voir avec la bière préférée d’un ancien président de la République, ni même avec un groupe de techno-dance des années 90. Le nom « coronavirus », du latin signifiant « virus à couronne » est dû à sa forme particulière imitant la couronne solaire.

De « simple grippe », il y a quelques mois, à « pandémie mondiale » aujourd’hui, le vocabulaire autour de ce fléau n’a cessé de s’enrichir, répété jour après jour, heure après heure dans les médias. Désormais, nous savons à quoi ressemble un pangolin mais nous n’aimerions sûrement pas en connaître le goût. Nous savons que faire partie d’un « cluster » aura pour conséquence une mise en «quatorzaine». Vous avez du diabète ou bien vous êtes en surpoids ? Soyez encore plus vigilants face au virus car ce sont des facteurs de « comorbidité ».

Nous avions notre «zone de confort» mais nous appliquons plus volontiers la « distanciation sociale ». Nous avions une pratique individuelle et différenciée de l’hygiène, maintenant ce sont les « gestes barrières » pour tous! Et que dire du «confinement», que l’on croyait réservé à Tchernobyl ou Fukushima ?! Ce mot a cristallisé toutes les peurs et exacerbé tous les fantasmes. Rayons dévalisés par crainte de pénurie, méfiance envers son voisin soupçonné d’être contaminé, diffusion de théories complotistes en tout genre, défiance envers nos gouvernants : c’est fou comme un simple mot peut déclencher des réactions déraisonnées chez certains.

L’inverse est heureusement vrai puisque l’on a redécouvert tout le sens des mots « solidarité », «engagement », « reconnaissance », mais aussi « télétravail ». Nous avons pris conscience de l’importance des «héros de l’ombre», ces «petites mains» tellement utiles à notre société, mais hélas trop peu valorisées en temps «normal». Cette normalité, parlons-en ! Va-t-elle devenir un mot du passé à mesure que le « déconfinement » – terme créé pour l’occasion – va se mettre en place sur le territoire ? C’est évident que rien ne sera plus comme avant tant qu’un remède fiable ou un vaccin n’aura pas été trouvé.

Il ne tient qu’à nous de respecter les recommandations sanitaires afin d’éviter l’apparition d’un nouveau mot (et nouveau mal ?) : le « re-confinement ». Avouez que l’on pourrait s’en passer, non ?