Category: Blog Orthofacile

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Germaine POINSO-CHAPUIS

Les élections régionales et départementales ont rendu leur verdict avec l’onde de choc provoquée par une abstention record que personne n’avait anticipée. Les causes de ce désamour des Français pour la vie politique sont multiples et pourraient faire l’objet d’un long débat.

Soulignons cependant plusieurs points positifs dans les modalités du scrutin, avec, pour la première fois, une obligation de stricte parité sur les listes électorales. Du coup, on comptait quasiment autant de candidates que de candidats (9486 femmes et 9598 hommes). Cet engagement des femmes dans la vie politique française n’est pas récent et n’a pas été facile, vous vous en doutez. D’Olympe de Gouges (1748 – 1793) à Françoise Giroud (1916 – 2003), en passant par Louise Michel (1830 – 1905), les femmes ont cherché à s’émanciper tout en participant à la vie politique de notre pays. Germaine Poinso-Chapuis fut aussi l’une d’entre elles. Son nom vous est probablement inconnu et pourtant, elle a marqué son époque en devenant la première femme ministre de l’histoire de la République. Issue d’une famille de négociants catholiques ardéchois, Germaine Poinso-Chapuis est née à Marseille le 6 mars 1901. Après de brillantes études, elle obtient une licence de droit puis un doctorat en droit romain. C’est donc tout naturellement qu’elle devient avocate au barreau de Marseille en 1921. Chose rare, à l’époque.

Son principal cheval de bataille en tant que juriste sera la défense et la protection des enfants et elle va diriger, de 1946 à 1979, l’Association régionale de sauvegarde de l’enfance et l’adolescence de Marseille (A.R.S.E.A). Les ravages de la guerre avaient amplifié les problèmes de l’enfance (enfants errants, familles disloquées, explosion de la délinquance). En 1964, les A.R.S.E.A deviennent les C.R.E.A.I. (Centres régionaux pour l’enfance et l’adolescence inadaptées). Derrière le terme « inadaptées », il faut sous-entendre enfants délinquants, en danger physique ou moral.

Autre cause qui lui tient à cœur : « la valorisation professionnelle et intellectuelle, morale et sociale de la femme » grâce au club Soroptimist qu’elle va cofonder à Marseille, en 1929. Ce mouvement créé en 1921 à Philadelphie (Pennsylvanie) compte aujourd’hui près de 100 000 membres dans plus de 120 pays. C’est un réseau mondial de femmes actives qui mettent à profit leurs compétences en faveur des droits humains, du statut de la femme et de l’égalité femmes-hommes, et ce, sans connotation politique ou religieuse. Littéralement, Soroptimist vient de l’expression « sorores ad optimum » qui signifie « sœurs pour le meilleur » et transformé en « le meilleur pour les femmes » (« The best for Women ») dans la version anglaise.

Autre engagement de Germaine Poinso-Chapuis et non des moindres : sa participation à la Résistance au sein du Mouvement de libération nationale (MLN), durant la Seconde Guerre mondiale, aux côtés de Gaston Defferre. Lorsque ce dernier décide de prendre le maquis, elle le remplacera dans son cabinet d’avocat tout en gérant la caisse de résistance du Parti socialiste à Marseille. Elle participe activement à la vie politique locale au sein de commissions de la délégation municipale provisoire.

Ainsi va débuter sa longue carrière politique. Locale, d’abord, en tant que conseillère municipale de la cité phocéenne, de 1945 à 1959. Puis nationale, lorsqu’elle figure parmi les toutes premières femmes députées de France, de 1945 à 1955. Elle représentera la première circonscription des Bouches du Rhône sous l’étiquette du Mouvement républicain populaire (MRP), un parti démocrate-chrétien et centriste.

Le point d’orgue de cette ascension fulgurante sera sa nomination au poste de ministre de la Santé publique et de la Population au sein du premier gouvernement de Robert Schuman, du 24 novembre 1947 au 26 juillet 1948. Avant elle, les rares femmes nommées au gouvernement n’étaient « que » secrétaires d’état. Et il faudra patienter 27 ans pour retrouver une nouvelle femme ministre de plein exercice, en la personne de Simone Veil, une autre figure et une autre carrière remarquable.

Durant les huit mois passés au gouvernement, Germaine Poinso-Chapuis va faire voter des lois en faveur de la santé publique et la protection de l’enfance. Elle doit faire face à une farouche opposition politique et un manque criant de budget, en cette période d’après-guerre compliquée. Elle poursuivra son activité parlementaire jusqu’en 1956, occupant même le poste de vice-présidente de l’Assemblée nationale à deux reprises. Puis retour aux fonctions municipales jusqu’en 1959, avant de se consacrer aux œuvres associatives dans le domaine juridico-social. En 1973, elle est nommée présidente du Centre technique national de l’enfance inadaptée. Elle meurt le 18 février 1981 à Marseille. Cette année-là, le gouvernement de Pierre Mauroy, Premier ministre de l’époque, comptera six femmes dont Edith Cresson qui deviendra la seule et unique Première ministre de notre pays en 1991.

Eh oui, les mentalités évoluent lentement mais sûrement. Désormais, nous avons la quasi parité dans le gouvernement, les conseils municipaux et départementaux, l’Assemblée nationale. Cinq régions sur dix-sept (en incluant la Réunion, la Martinique, la Guyane et la Guadeloupe) seront dirigées par des femmes. C’est trois de plus qu’il y a 5 ans.

Seul le Sénat fait encore figure de bastion masculin, avec seulement 25 % de sénatrices.

Prochaine étape ? Une femme à l’Élysée ? Sommes-nous prêts ?

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Jacqueline Dubut et Caroline Aigle

Le mois dernier, je vous avais raconté les exploits de la cosmonaute Russe Valentina Terechkova, à l’occasion du retour de Thomas Pesquet dans la Station Spatiale Internationale (ISS). En cette période de déconfinement progressif, avec, en ligne de mire un été presque normal et durant lequel nous pourrons nous envoler vers des horizons plus ou moins lointains, je tenais à rester dans le domaine aérien et vous présenter deux grandes figures féminines de l’aviation française : Jacqueline Dubut et Caroline Aigle. Elles aussi méritent le qualificatif de pionnières, quand on connait les aptitudes intellectuelles, mentales et physiques nécessaires pour exercer dans le secteur aéronautique, qui plus est, chasse gardée quasi exclusive de la gent masculine.

Jacqueline Dubut est née à Lyon le 21 octobre 1939 dans une famille d’enseignants. Dès l’âge de 17 ans, elle commence à piloter des planeurs en aéroclub. Elle entame des études de lettres (elle obtiendra une Licence) mais voue une grande passion pour l’aviation. Cependant, il y a un obstacle de taille : l’École nationale de l’aviation civile (l’ENAC) n’est pas accessible aux femmes, comme beaucoup d’institutions, à l’époque. Qu’à cela ne tienne, elle passe le concours d’entrée à l’École polytechnique féminine sur les conseils de Jacqueline Auriol, célèbre pilote d’essai de l’époque et détentrice de plusieurs records de vitesse féminin. J. Auriol sera d’ailleurs la première Européenne à franchir le mur du son, le 15 août 1953.

Grâce à ce soutien inattendu, Jacqueline Dubut travaille d’arrache-pied pendant trois ans et termine major de sa promotion ! En 1966, elle obtient un poste d’ingénieur au Ministère des transports, tout en continuant à voler, puis elle le quittera au bout d’un an. Son rêve est de devenir pilote de ligne. Mais ce rêve a un coût : 1 million de francs de l’époque pour effectuer le stage pratique de pilote de ligne et lui permettant, notamment, de voler par tous les temps. Son parcours exceptionnel lui vaut d’obtenir une bourse de la Fondation de la vocation créée par Marcel Bleustein-Blanchet (le père d’Élisabeth Badinter). Le 12 mai 1967, elle obtient la consécration en devenant la première femme pilote professionnelle de première classe. Mais les préjugés restent tenaces puisque Air France rejette sa candidature et Air Inter « consent à l’examiner », pour finalement l’engager comme copilote sur un avion Vickers Viscount, un fleuron de l’aviation commerciale d’après-guerre. À l’époque, la presse relate l’évènement, en affirmant qu’elle est « de cette lignée de femmes courageuses qui font sérieusement un métier d’homme ». Excusez du peu !

Jacqueline Dubut va effectuer près de 3000 heures de vol au sein de la compagnie et deviendra commandant sur des long-courriers. Le talent, la persévérance et, parfois, la chance auront permis à cette jeune femme d’accomplir un rêve que l’on ne pensait réservé qu’aux petits garçons. Elle a permis de faire progressivement ouvrir les portes de l’aviation civile commerciale aux pilotes Françaises. Aujourd’hui, sur les 3600 pilotes que compte Air France, 9 % sont des femmes. Aujourd’hui, Jacqueline Dubut profite d’une retraite bien méritée, tout en inspirant de nombreuses jeunes filles prêtes à prendre leur envol.

Il y a un autre secteur de l’aérien où la place des femmes est encore plus rare : celui de l’Armée de l’air. Si la grande muette revendique environ 16 % de femmes militaires, c’est pourtant l’Armée de l’air qui est la plus féminisée, avec près de 30 % de femmes. En revanche, elle compte moins d’une quinzaine de femmes pilotes de chasse sur un total de 900. On est donc très loin des 9 % de l’aviation civile…

C’est Caroline Aigle qui a ouvert la voie dans les années 90, en devenant la première Française pilote de chasse. Vous me direz qu’avec un tel patronyme, elle ne pouvait être faite que pour voler !

Fille d’un père médecin militaire, Caroline Aigle est née le 12 septembre 1974 à Montauban. Autant dire qu’elle avait un avenir prédestiné. C’est donc en toute logique qu’elle intègre d’abord le lycée militaire de Saint-Cyr (Yvelines) où elle obtient son baccalauréat scientifique avec mention, puis entre en classe préparatoire aux grandes écoles au Prytanée national militaire de la Flèche (Sarthe), l’un des six lycées de la Défense français. La vraie préparation militaire commence en 1994, lorsqu’elle est admise à la prestigieuse École polytechnique (surnommée l’X), située à Palaiseau (Essonne) et où elle effectuera son service militaire au 13e bataillon de chasseurs alpins. Elle allie le savoir intellectuel à la performance physique, puisqu’elle devient championne de France militaire de triathlon et championne du monde par équipe en 1997.

À l’époque, seuls les diplômés masculins avaient le droit de porter le fameux bicorne, symbole de l’institution. Une discrimination contre laquelle Caroline et plusieurs autres étudiantes vont se battre et obtenir gain de cause. Au terme de sa brillante scolarité, la jeune polytechnicienne décide de servir dans l’Armée de l’air où elle décroche, au bout de deux ans, le brevet tant convoité de pilote de chasse, jusque-là réservé uniquement aux hommes. Aucune Française n’avait atteint un tel niveau.

« Moineau », telle qu’on la surnommait, va enchainer les vols sur Alpha Jet puis sur Mirage 2000, accède au grade de commandant d’escadrille en 2005 et reçoit la Médaille d’or de la Défense nationale. Pour beaucoup, cela aurait pu être le couronnement d’une carrière. Mais pour Caroline Aigle, il restait un dernier palier à franchir : aller au-delà de la mésosphère et tutoyer les étoiles. Pour cela, elle va reprendre ses études d’astronomie et apprendre le russe au cas où… L’Agence spatiale européenne la remarque et envisage de la sélectionner comme astronaute. Hélas, on lui diagnostique un mélanome au début de l’année 2007, alors qu’elle est enceinte de son second enfant. Ce cancer fulgurant l’emporte à trente-deux ans, le 21 août 2007, quelques jours après la naissance de son fils. Au lendemain de sa mort, le journal La Provence titrera : « Caroline Aigle était une chevalière du ciel ».

Les hommages posthumes ne manquent pas, avec, entre autres, l’attribution de la Médaille de l’Aéronautique par Nicolas Sarkozy en octobre 2007, l’émission par la Poste d’un timbre à son effigie en 2014, ou encore l’organisation chaque année du « triathlon Caroline Aigle » par l’École polytechnique.

Jacqueline Dubut et Caroline Aigle font partie de ces pionnières qui n’ont pas eu froid aux yeux en choisissant des carrières à haut risque et à hautes responsabilités. Leur courage et leur détermination leur a permis de franchir les nombreux obstacles règlementaires, institutionnels et humains. Elles forceront à jamais le respect et demeurent des exemples pour les générations actuelles et futures.

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Valentina Terechkova

L’aventure spatiale, un rêve devenu réalité depuis des décennies, et qui continue de fasciner et de mobiliser la communauté scientifique mondiale. À tel point que des entreprises privées se sont lancées dans la course aux étoiles, à l’instar de SpaceX, propriété du milliardaire américain Elon Musk (inventeur des voitures Tesla).

Tandis que le robot Persévérance est en train d’explorer la planète rouge, à la recherche de signes de vie passée, notre spationaute national, Thomas Pesquet, retourne, dans la station spatiale internationale (ISS), pour un séjour de six mois. À bord du vaisseau Crew Dragon (littéralement « dragon pour équipage »), il sera accompagné d’un astronaute japonais et de deux astronautes américains dont Megan McArthur. Comme T. Pesquet, elle effectue sa seconde mission vers l’ISS.

McArthur complète la longue liste de femmes ayant voyagé dans l’espace et dont la pionnière fut la cosmonaute russe Valentina Terechkova en 1963.

Valentina Terechkova est issue d’une famille de fermiers. Elle n’a que deux ans lorsque son père est tué durant la Guerre d’Hiver, entre la Russie et la Finlande (1939). À la fin de sa scolarité, elle sort diplômée de l’École technique de l’industrie légère. C’est en secret qu’elle va s’initier au parachutisme, à 22 ans. Elle va vite exceller dans cette discipline, encore peu pratiquée, à l’époque, par des femmes, et totalisera plus de quatre-vingt-dix sauts. Elle finira même par devenir instructrice ! Malgré sa fougue, elle tient quand même à affirmer son profond patriotisme en adhérant aux jeunesses communistes (Komsomol) en 1960, puis au Parti communiste (PC) deux ans plus tard.

Le déclic eut lieu il y a tout juste soixante ans, le 12 avril 1961, lorsque le cosmonaute russe Youri Gagarine réalisa l’exploit que l’on sait, au cours de la mission Vostok 1… Elle aussi voulait aller tutoyer les étoiles. Un rêve fou et inaccessible pour n’importe quelle femme, puisqu’à l’époque, le programme spatial russe ne comptait que des hommes. Fraichement auréolée par le succès de la mission Vostok 1, l’Union soviétique veut encore marquer un grand coup dans la concurrence féroce qui l’oppose aux États-Unis. Nous sommes en pleine guerre froide.  C’est le lieutenant général Nikolaï Kamanine qui a l’idée de d’une mission emportant une femme cosmonaute. Le Comité central du PC soviétique accepte, à condition que les candidates soient membres du parti ou des jeunesses communistes, en plus d’être des parachutistes chevronnées. Une aubaine !

Le destin de Valentina Terechkova bascule en avril 1962, lorsqu’elle fut retenue, avec quatre autres candidates, pour intégrer le programme d’entrainement, en vue de la future mission spatiale habitée Vostok 6. Elles s’appellent Valentina Ponomariova (29 ans, mathématicienne et pilote), Tatiana Kouznetsova (20 ans, mathématicienne), Zhanna Yorkina (23 ans, professeure d’anglais) et Irina Soloviova (25 ans, détentrice de plusieurs records en parachutisme).  Mais rien n’est encore gagné car une seule aura la chance de partir là-haut, les autres seront remplaçantes, en cas de problème…

Les cinq recrues sont envoyées dans la banlieue de Moscou pour entamer une période d’entrainement de plusieurs mois, dans un cadre militaire stricte. Elles n’échappent pas aux railleries machistes de certains de leurs collègues masculins, qui doutent de leurs capacités.

Elles vont, en tout cas, subir les mêmes tests que les hommes, dans des conditions extrêmes, y compris la fameuse centrifugeuse, afin de les préparer à l’environnement hostile de l’espace. Elles enchainent les heures de vol à bord d’avions de chasse Mig-15 et doivent porter des combinaisons spatiales de plus de 130 kg, lors des sauts en parachute au-dessus de la mer Noire, simulant la dernière étape de la mission. À l’époque, les cosmonautes s’éjectaient de leur capsule à haute altitude, après leur entrée dans l’atmosphère. La préparation mentale est également très éprouvante, avec des phases d’isolement total de plusieurs jours. L’entrainement s’achève par des cours théoriques sur la navigation astronomique, les caractéristiques des engins et les techniques spatiales.

Nos cinq apprenties cosmonautes vont recevoir la visite régulière de Gagarine, qui supervise une partie des exercices. Ce dernier est très impressionné par les performances physiques et intellectuelles de Valentina Terechkova. Il apprécie « sa force de caractère » et « sa grande modestie ».

Une nouvelle sélection doit être faite parmi les cinq jeunes femmes : les trois retenues sont V. Ponomariova et I. Soloviova et…Valentina Terechkova. Pour la dernière phase d’entrainement, et avant l’examen final, elles rejoignent Boris Volynov et Valeri Bykovski. C’est ce dernier qui assurera la mission Vostok 5, le 14 juin 1963. Reste à choisir celle devra lui emboiter le pas de tir, deux jours plus tard. La décision finale reviendra à Nikita Khrouchtchev (président de l’Union Soviétique), qui, sur les recommandations de Kamanine, va désigner Terechkova comme cosmonaute principale, avec Soloviva puis Ponomariova comme remplaçantes.

L’heureuse élue décolle donc le 16 juin à 12h29 heure locale du cosmodrome de Baikonour (Kazakhstan). La propagande russe ne tarit pas d’éloges pour ses deux héros nationaux dont les vaisseaux effectuent un ballet millimétré dans l’espace. Quelques séquences de leur vie à bord sont même filmées et diffusées dans le monde entier et Terechkova va même échanger quelques mots avec N. Khrouchtchev, pas peu fier d’avoir devancé les Américains dans ce domaine. Elle n’échappera pas aux symptômes du mal de l’espace durant son vol, mais pas au point d’affecter la mission.

Après plus de 70 heures et 48 orbites autour de la Terre, elle déclenche la maneouvre de retour dans l’atmosphère. Elle atterrit sans encombre dans un champ de blé dans le sud de l’Oural, où elle est recueillie par des ouvriers agricoles. Elle est en bonne santé. Valeri Bykovski atterrira trois heures plus tard, dans des conditions un peu plus compliquées.

Ce jour-là, Valentina Terechkova est devenue la première femme à voler dans l’espace et reste, à ce jour, la seule l’ayant fait en solitaire. Il faudra attendre 19 ans pour qu’une autre l’imite. Ce sera sa compatriote Svetlana Savitskaïa qui s’envolera le 19 août 1982 (Soyouz T-7). Suivra, un an plus tard, l’Américaine Sally Ride, lors de la mission STS-7. La première et unique Française est Claudie Haigneré, en 1996 (Soyouz TM-24).

La nouvelle icône du peuple soviétique endossera ensuite un nouveau costume : celui d’ambassadrice « pour la paix et l’égalité entre les hommes et les femmes », enchaînant les tournées à l’international, dont une en France, en mai 1965.

La carrière de cosmonaute de V. Terechkova prend fin en 1968, après la mort Youri Gagarine, lors d’un vol d’entrainement. Les autorités soviétiques ne veulent plus prendre le risque de perdre un autre de leurs symboles de leur épopée spatiale triomphante.

C’est désormais en politique qu’elle va s’engager en devenant membre de l’assemblée du Soviet suprême, puis du Comité central du PC et enfin du Praesidium du soviet suprême. Depuis 2008, elle est élue députée à la Douma (assemblée nationale de Russie) pour le parti Russie Unie de V. Poutine.

Pour la petite histoire, un cratère de la Lune, et un astéroïde portent son nom. Elle a reçu de nombreuses distinctions nationales et internationales. À ce jour, 66 femmes sont allées dans l’espace et ce n’est pas fini. Nul doute que certaines d’entre elles ont rêvé de leur destin en suivant les exploits d’une certaine Valentina Terechkova.


LE SAVIEZ-VOUS ?

Les voyageurs de l’espace portent un nom différent, selon leur pays d’origine. Même si leur étymologie fait toujours référence à l’environnement spatial, les termes choisis semblent être un révélateur de la vision que chaque nation a de cette formidable aventure qu’est la conquête spatiale.

  • Le cosmonaute russe est issu du grec kósmos qui signifie « univers» et naútēs qui signifie « navigateur ».
  • L’astronaute américain est issu du grec ástron qui signifie « étoile» et naútēs qui signifie « navigateur ».
  • Le spationaute français est issu du latin spatium qui signifie « espace» et naútēs qui signifie « navigateur ».
  • Le taïkonaute chinois est la francisation du chinois tàikōngrén qui signifie littéralement « personne / navigateur de l’espace».
  • Le vyomanaute indien est tiré du sanskrit vyoma qui veut dire « ciel» et du grec naútēs qui signifie « navigateur ».
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  • Julie-Victoire Daubié

Selon la dernière étude du ministère de l’Éduction nationale sur le niveau de formation des élèves (Filles et garçons sur le chemin de l’égalité de l’enseignement supérieur 2020), en 2018, 92% des lycéennes ont obtenu leur baccalauréat général, contre 89% des lycéens. Les proportions sont quasi identiques, respectivement 91% et 86%, si l’on ajoute les bacs pros et technos. Même constat pour les mentions « bien » ou « très bien », qui ont été attribuées à 25% des bachelières contre 19% des bacheliers, toutes filières confondues… Et que les mauvaises langues ne viennent pas dire que ces jolis scores sont dus au fait qu’elles étaient plus nombreuses (53,9% de lycéennes en 2018) ! Ces écarts sont récurrents depuis des décennies, même s’ils ont tendance à se resserrer année après année.

Ces résultats forcent donc le respect et démontrent surtout que les notions d’égalité et de parité femme-homme vont, hélas, s’inverser, notamment, en entrant dans la vie active.

Si aujourd’hui, les filles dominent ce classement du baccalauréat, rappelons que l’accès à cet examen leur a longtemps été interdit, sous prétexte que « les femmes n’avaient pas besoin de ça ».

C’est pourquoi je souhaite mettre à l’honneur Julie-Victoire Daubié, la première femme française à s’inscrire et obtenir le baccalauréat le 17 août 1861, soit 53 ans après la création cette épreuve par Napoléon Ier. À l’époque, les candidats concouraient pour cinq disciplines seulement (sciences, lettres, droit, médecine et théologie).

Notre jeune précurseur est originaire de Bains-les-Bains, dans les Vosges. À la mort de son père, la famille s’installe à Fontenoy-le-Château où la fratrie va suivre le catéchisme. Ce sera quasiment leur seule source d’éducation. C’est donc en autodidacte qu’elle se lance dans l’écriture de son premier essai, à 25 ans, intitulé La Femme pauvre au XIXe siècle, et avec lequel elle remporte le premier prix du concours de l’Académie des sciences, belles lettres et arts de Lyon le 21 juin 1859. Son frère prêtre lui apprend le grec et le latin, langues nécessaires, à l’époque, pour pouvoir passer le fameux examen. Ce n’est que cette année-là qu’elle peut s’inscrire à la faculté des Lettres de Lyon, mais uniquement avec l’aide de François Barthélémy Arlès-Dufour, un influent industriel lyonnais, admiratif de l’œuvre littéraire de la jeune Vosgienne. Deux ans plus tard, elle y passera les épreuves dans une pièce spécialement réservée, pour ne pas se mélanger avec les hommes.

Voici un extrait du commentaire du jury, lors de la publication de ses résultats :
« Nous sommes heureux d’annoncer qu’elle a été reçue avec distinction et qu’elle s’est montrée bonne latiniste, soit dans les compositions, soit dans les explications. On peut citer un certain nombre de femmes qui au Moyen Âge et surtout à l’époque de la Renaissance, ont obtenu leur bonnet de Docteur, mais Mademoiselle Daubié est certainement le premier bachelier de sexe féminin qu’ait proclamé l’université de France ».
Et malgré ces louanges, il a fallu plusieurs mois et l’intervention de l’impératrice Eugénie, pour que le ministre de l’Instruction publique signe le précieux document. Trop dégradant pour la gent masculine, selon lui.

Femmes aux multiples facettes, elle va d’abord créer une entreprise de broderie en 1862, donner des conférences, puis devenir journaliste économique.
Très attachée à la situation des femmes dans la société, elle crée l’Association pour le suffrage des femmes en 1871, et se fixe un nouvel objectif : obtenir la licence ès lettres de la Sorbonne où les femmes ne peuvent toujours pas y étudier. C’est donc en candidate libre qu’elle réussit son examen le 28 octobre 1871. Une première, encore cette fois-ci.

Elle ne pourra malheureusement pas achever sa thèse de doctorat, intitulée La Condition de la femme dans la société romaine, car elle succombera de la tuberculose le 25 août 1874.
Sa soif de connaissance, sa ténacité, ses combats pour l’éducation et l’émancipation des femmes ont fait d’elle l’une des plus grandes féministes de son époque et dont la notoriété rayonnait dans toute l’Europe et même aux États-Unis.
Robert Oppenheimer a dit « L’homme est poussé par le besoin de savoir ». Bien avant lui, Julie-Victoire Daubié a mis en pratique ce principe sans relâche et durant toute sa vie. Les lycéennes lauréates d’aujourd’hui, ne pouvaient pas lui offrir un plus bel hommage.

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  • Jeanne Chauvin

Vous connaissez mon attachement à vouloir accorder aux femmes tout l’honneur qu’elles méritent, dans notre société encore trop machiste, selon moi. J’assume pleinement mon côté « féministe » : j’ai grandi avec une mère et quatre sœurs, étudié dans des classes et amphis composés majoritairement d’étudiantes et mon premier vrai travail fut téléconseiller dans un centre d’appels, où, vous le savez sans doute, les salariées sont surreprésentées.

Toutes ces expériences m’ont permis de constater à la fois, la place essentielle qu’elles occupent dans notre quotidien, mais aussi la faible reconnaissance que les hommes leur apportent.

Ma vision du féminisme ne consiste pas à « renverser la table » et remplacer tous les dirigeants par des dirigeantes, car on tomberait à nouveau dans un rapport de force. C’est plutôt un rapport d’égalité qu’il faut enseigner, valoriser et promouvoir. Souvenons-nous : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », selon la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Et pourquoi ne pas rajouter « l’homme est l’égal de la femme » ?

Heureusement, les choses bougent, trop lentement, certes, mais il ne faut rien lâcher !

C’est pourquoi j’ai décidé de rendre hommage à des femmes pionnières dans leur domaine. Elles ont marqué leur époque, notamment grâce à leurs compétences, leurs inventions, leurs idées, mais également grâce à l’abnégation dont elles ont fait preuve, face aux obstacles, critiques et moqueries que les hommes -et donc la société- ont dressés sur leur chemin.

Ce mois-ci, j’ai choisi de vous parler d’Olga Petit et Jeanne Chauvin, qui sont les deux premières femmes françaises à prêter serment comme avocate au barreau de Paris, respectivement les 5 et 19 décembre 1900. C’est grâce à une loi promulguée la même année par Raymond Poincaré et René Viviani, à la suite, il est vrai, de fortes pressions d’associations féministes, qu’elles ont pu accéder cette fonction tant convoitée et méritée. Jeanne Chauvin sera la première à plaider en 1901. Elle s’était déjà présentée en 1897 à la cour d’appel de Paris pour prêter le serment d’avocat, en vain. À l’époque, le motif du refus fut que la loi n’autorisait pas les femmes à exercer « la profession d’avocat, exercice viril par excellence ». « Viril », dites-vous ? Étrange qualificatif pour un métier où ces messieurs sont censés plaider vêtus d’une robe…

En tout cas, la ténacité de cette jeune Loirétaine, titulaire de deux licences en droit et en philosophie, -fait très rare, à l’époque- a été payante. Elle va ensuite consacrer sa vie et ses plaidoiries à défendre l’égalité juridique entre les hommes et les femmes. Et en hommage à tous ses combats, la bibliothèque de la faculté de droit de l’université Paris-Descartes porte son nom depuis 2017.

Jeanne Chauvin et Olga Petit auront tracé la voie à d’autres illustres avocates qui œuvreront sans relâche pour défendre « des causes et les femmes », à l’image de Monique Antoine-Timsit et Gisèle Halimi, figures du féminisme et activistes pro IVG. Christine Lagarde, avocate d’affaires, est la première femme à diriger le Fonds monétaire international puis la Banque centrale européenne, des institutions à forte représentation masculine. Et que dire de Christiane Féral-Schuhl, qui est à la tête du barreau de Paris depuis 2012 ! Dans son livre « Ces femmes qui portent la robe » (Éditions Plon), le Bâtonnier de Paris -sa fonction n’a pas été encore féminisée- liste les portraits d’avocates célèbres qui utilisent le droit et la justice, partout dans le monde, pour faire respecter les droits des hommes et des femmes, parfois au péril de leur vie.

Une chose est sûre : les confrères parisiens de Jeanne Chauvin n’auraient pas imaginé une seconde qu’une femme serait à la tête de leur profession, près de 120 ans plus tard. Une belle revanche, non ?

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Même si vous n’êtes pas fan de foot, vous n’avez pas pu passer à côté des récentes performances des clubs français (masculins et féminins) en Ligue des Champions UEFA, à la fin du mois d’août. La double performance des joueurs de l’Olympique Lyonnais, face aux mastodontes turinois (la Juventus) et mancunien (Manchester City), n’a rien à envier à la place de finaliste des joueurs du Paris Saint-Germain (défaite 0-1 contre le Bayern de Munich).

Mais que dire de l’exploit des « Fenottes », ainsi que l’on surnomme les joueuses de l’Olympique Lyonnais et qui, elles, ont remporté leur septième titre de championnes d’Europe face à l’équipe allemande de Wolfsburg, le cinquième d’affilée !

« Le football féminin est un sport de ballon qui se joue à onze, et à la fin, ce sont les Lyonnaises qui gagnent ». Cet adage est répété en boucle depuis plusieurs saisons, tant la domination des joueuses rhodaniennes, sur les scènes française et européenne, est marquante. Rendez-vous compte : depuis 2004, date de sa création, la section féminine de l’OL a remporté 31 titres.

Une seule joueuse a été de toutes les épopées et donc de tous les trophées. Il s’agit de l’emblématique capitaine, Wendie Renard, formée au club et pro depuis l’âge de 16 ans. Pour elle non plus, les superlatifs ne manquent pas. Du haut de ses 1,87 m, la défenseure de Lyon et de l’équipe de France féminine ne compte pas moins de 117 buts à son actif avec son club et 24 buts en sélection avec l’équipe de France, ce qui est inédit à ce poste de jeu.

Autre joueuse remarquable de l’effectif lyonnais : la norvégienne Ada Hegerberg. L’attaquante aux 220 buts avec les Fenottes, force le respect et l’admiration auprès de tous les amateurs du ballon rond. Elle est devenue la première lauréate du Ballon d’or féminin, en 2018, rejoignant ainsi les Zidane, Messi et Ronaldo dans la légende du football.

Outre son engagement sans limites sur la pelouse, Hegerberg milite également pour plus d’égalité et de respect envers les footballeuses en particulier et toutes les sportives en général. Pourtant, fin 2017, la fédération norvégienne avait pris une décision historique, en annonçant que les joueuses de la sélection toucheraient le même salaire que leurs homologues masculins. Pas suffisant pour Hegerberg qui va, malgré tout, boycotter l’équipe nationale, à cause, selon elle, « du manque de moyens, d’installations et d’investissements » en faveur des joueuses, notamment dans le championnat norvégien, où près de 80 % des d’entre elles gagnent moins de 10 000 € par an.

Hasard du calendrier : le film documentaire « Les Joueuses », réalisé par Stéphanie Gillard et produit par Julie Gayet, a été présenté, en avant-première, trois jours après le sacre des Lyonnaises. À l’instar des « Yeux dans les Bleus » pour les garçons, lors de la Coupe du monde de foot 98, le long-métrage nous plonge dans le quotidien de l’OL féminin durant la saison 2018-2019. Déjà, à l’époque, les revendications des joueuses appelaient à « changer les mentalités ». Il y est question de quête de « respect » et de « reconnaissance ». L’absence de parité et d’égalité hommes-femmes qui touche la société en général, n’épargne pas le monde du sport. Pis, les disparités y sont encore plus flagrantes, compte tenu des sommes astronomiques qui y transitent. En France, en 2019, le salaire mensuel moyen d’une footballeuse professionnelle était de 2 494 € brut contre 73 000 € chez les hommes !

Autre exemple qui interpelle : le récent contrat de partenariat entre la star norvégienne et l’équipementier NIKE, d’un montant, soi-disant « record », d’un million d’euros sur 10 ans, est à relativiser, si on le compare à celui de Mbappé, qui perçoit 2 à 3 millions d’euros… par an. Certains diront que ce n’est pas comparable, que Mbappé est bien plus célèbre, plus fort, plus technique. Oui, peut-être, et alors ? Hegerberg et ses co-équipières s’entraînent tout aussi durement et aussi longtemps que les hommes, jouent des matchs de 90 minutes, sur un terrain aux dimensions identiques. Et en plus, elles restent moins longtemps au sol après un tacle ou un mauvais coup, ne jouent pas aux pin-up sur les réseaux sociaux et ne s’affichent pas au volant de supercars. Pas de quoi justifier de tels écarts salariaux, vous en conviendrez.

Aux États-Unis, les joueuses de l’équipe féminine de foot quadruple championne du monde et emmenée par la star Megan Rapinoe, sont bien plus populaires que leurs homologues masculins. Devinez qui touche les plus grosses primes ? Les hommes bien sûr, avec l’aval de la justice américaine qui a débouté toutes les requêtes déposées par les joueuses.

Ce serait un raccourci trop facile d’affirmer que le monde du sport (dirigeants, sponsors, fédérations, athlètes masculins, médias) est, depuis très longtemps, un monde d’hommes, de machos, qui n’ont eu de cesse de dévaloriser les performances des athlètes féminines pour mieux se partager les revenus générés par les compétitions. Néanmoins, force est de constater que les mentalités évoluent trop lentement.

Cet été, TF1 a finalement sorti le chéquier pour acquérir les droits de retransmission de la finale masculine de la Ligue des Champions, en espérant que Lyon et/ou le PSG seraient de la partie. Le jour J, la plupart des chaines d’info en continu ont consacré des éditions spéciales dignes d’un mariage princier ou d’une élection papale. On pouvait suivre, minute par minute, les faits et gestes de l’équipe parisienne, jusqu’au coup d’envoi. On connait la suite, hélas… Mais qu’on se rassure, le record d’audience a été battu ce soir-là, par la chaine française.

Quid des filles ? Pas de bouleversement de programme pour elles. C’est sur une chaine payante, Canal+, et une autre de la TNT, W9, qu’elles ont triomphé, avec, là aussi, des records d’audience battus sur les deux antennes. Peut-être que TF1 pensait que les Parisiens allaient avoir plus de chance que les Lyonnaises ? Idem chez France Télévision ?

Au lendemain de leur victoire, le quotidien sportif L’Équipe a préféré consacrer sa Une au cycliste Julian Alaphilippe, qui venait de s’emparer du maillot jaune du Tour de France. L’exploit des Lyonnaises a été mentionné dans un bandeau, en haut de la page. Certains journalistes sportifs ont justifié ce choix éditorial en indiquant que la Grande boucle est bien plus populaire que le football féminin. Raison plus pour mettre nos sportives sur le devant de la scène et les rendre ainsi « populaires ». Et le Tour dure trois semaines, n’est-ce pas ? Donc pas de quoi lui faire de l’ombre, si de temps en temps, on évoque d’autres performances, féminines, qui plus est.

On avait cru que l’engouement suscité durant la dernière Coupe du monde de foot féminin, qui plus est, disputée en France, aurait définitivement placé nos joueuses et joueurs sur un pied d’égalité. On l’avait espéré aussi pour nos handballeuses (doubles championnes du monde) et basketteuses (vice-championnes d’Europe), surfeuses, sprinteuses, volleyeuses, skieuses, nageuses…

Soulignons quand même quelques signes encourageants. Après l’Australie, la Nouvelle Zélande, la Norvège et l’Angleterre, c’est la fédération brésilienne de foot qui vient, tout récemment, d’officialiser l’alignement des primes des joueuses de la Seleção (la sélection brésilienne pour les non-initiés) sur celles de leurs homologues masculins, à l’occasion des rencontres internationales. La pression monte donc au sein de la FFF (Fédération Française de Foot), qui ne peut rester indifférente et doit prouver, au contraire, que la notion « d’égalité » fait bien partie de notre devise nationale. Les joueurs, quant à eux, pourraient jouer la « fraternité », en plaidant la cause des Bleues. Imaginez la une des journaux : « Griezmann, Pogba et les Bleus réclament l’égalité hommes-femmes pour les primes de sélection et menacent de faire grève ». Honnêtement qui s’en émouvrait ?

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Quel est le point commun entre les communes de Guilherand-Granges (07), de Chazay-d’Azergues (69), de Besançon (25) de Palombaggia (2A), de Hendaye (64) et de Rians (83) ? Ce pourrait être une liste de destinations pour les vacances d’été. Pourquoi pas ? Après tout, nous n’avons que l’embarras du choix pour profiter de nos belles régions françaises.

En fait, tous ces lieux, ainsi que beaucoup d’autres, vous permettrons de vous initier au « géocaching » (geocaching en anglais). Ce néologisme (mot nouveau) qui est tiré de « géo » pour « géolocalisation » et « caching » pour « cacher », est un loisir qui consiste à utiliser un GPS pour rechercher ou dissimuler des « caches » (ou géocaches) dans divers endroits à travers le monde.

C’est le 3 mai 2000 qu’a été posée la première cache, par l’américain Dave Ulmer, profitant de l’ouverture au grand public de la technologie GPS. D’ailleurs, de nombreux « événements » (« events ») auraient dû avoir lieu en mai pour fêter les 20 ans du Géocaching, hélas, la COVID 19 en a décidé autrement.

Aujourd’hui, avec un smartphone et une application gratuite (la version Premium coûte 29,99 euros par an), vous avez potentiellement accès à près de 3 000 000 de géocaches disséminées sur la Terre, mais aussi à 2 431 mètres de profondeur, dans l’océan Indien, et même dans la Station Spatiale Internationale !

Le principe est très simple : un géocacheur dissimule la cache qu’il a créée dans une zone appelée « Point Zéro » (PZ) et marque la position sur le GPS. La cache est généralement une boîte qui renferme un « registre » (« logbook ») où le géocacheur-trouveur inscrit son pseudo et la date, attestant ainsi de sa trouvaille, avant de la remettre soigneusement à sa place. On trouve des boites de toutes tailles, de la boîte de comprimés à la boîte à chaussures, en passant par la boîte de cirage. Des boîtes dites « nano » ne dépassent pas la taille d’un bouchon de liège. Certains géocacheurs font preuve de beaucoup d’imagination en fabriquant eux-mêmes leurs boîtes, par exemple, en utilisant une balle de tennis qui sera dissimulée à proximité d’un court. Ou encore une pomme de pin creusée en son centre pour contenir le registre et qui sera ensuite suspendue à un arbre pour créer l’illusion parfaite.

Certains comparent cette activité à une chasse au trésor : que les fans de Cyril Féraud ou du regretté Philippe de Dieuleveult se rassurent. Nul besoin d’hélicoptère pour se déplacer d’une cache à une autre, ni de l’aide des habitants du coin pour vous guider. Au contraire, tout est une question de discrétion. Il y a bien sûr cette sensation de pratiquer une activité « confidentielle » et donc génératrice d’excitation. La plupart des caches sont bien planquées, habituellement au pied d’un arbre ou d’un buisson, dans un mur bordant un chemin de campagne ; d’autres trouveront refuge dans un panneau de signalisation, sous un banc public, ou derrière un poste électrique d’Enedis revisité par « l’art urbain » (street art)

L’objectif du géocacheur, pour ne pas dire l’obsession, c’est de ne pas se faire repérer par les non-initiés, que l’on surnomme les « moldus », en référence à Harry Potter, de peur que le précieux butin ne soit vandalisé ou dérobé. Parfois, un message explicatif est laissé à leur attention afin qu’ils fassent preuve de bienveillance s’ils tombaient par hasard sur une boîte.

Il existe des « multi-caches » pour lesquelles vous devez accumuler les indices, par exemple, en arpentant les rues d’un village pour découvrir son patrimoine. À chaque étape, vous collectez une partie des coordonnées qui vous permettront de localiser la cache finale.

Et même si vous n’êtes pas un grand adepte de la marche à pied, sachez que beaucoup de caches peuvent se faire en mode « drive », c’est-à-dire en combinant déplacements en voiture et petites marches jusqu’à la cache.

Vous l’aurez compris, le géocaching allie activité sportive, visite touristique et perspicacité. Car il arrive parfois de chercher longtemps sans trouver, même à plusieurs. Je vous en parle en connaissance de cause, car mon épouse fait partie des 8 millions d’adeptes du géocaching à travers les 5 continents. Elle a attrapé le virus (inoffensif, celui-là) il y a 3 ans et l’a, peu à peu, transmis au reste de la famille. J’avoue avoir traîné les pieds au début, sans doute parce que je considérais cela comme un passe-temps sans intérêt et limité à un territoire trop restreint à mon goût (nos premières découvertes étaient situées aux alentours de notre domicile).

J’ai vraiment commencé à me prendre au jeu lorsque les destinations devenaient plus lointaines et originales. Il y eut le Doubs, les Pyrénées-Atlantiques, la Savoie, l’Aude, le Jura, le Rhône, le Bas-Rhin, le Pays basque espagnol, et j’en passe… Nous avons aussi expérimenté les circuits de nuit, où les indices ne se repèrent qu’avec une lampe à UV. Plus rassurant quand cela a lieu en ville plutôt qu’en pleine forêt, mais tellement plus excitant !

Quant à mes filles, il ne leur aura pas fallu longtemps pour maîtriser les fondamentaux :  l’une gère l’itinéraire en se repérant sur l’appli, tandis que l’autre débusque les caches comme personne. Cette stratégie bien rodée a ainsi permis d’enrichir le palmarès de leur mère qui ne manque jamais de lyrisme et de poésie dans les commentaires qu’elle laisse sur le site web, à l’attention des propriétaires des caches. Avec 1 215 caches trouvées et 112 créées, à l’heure actuelle, sa passion et son inspiration restent intactes.

Certains géocacheurs ultra passionnés sont constamment en alerte et guettent sur leur appli le lancement d’une nouvelle cache pour être le « premier trouveur » (First To Find ou FTF). D’autres se consoleront d’être deuxième ou troisième.

Maintenant que le décor est planté, vous n’avez plus qu’à vous lancer… Quelle que soit votre destination de vacances, en France ou à l’étranger, il y aura toujours une cache à proximité. Que vous soyez simple randonneur du dimanche ou baroudeur, vous trouverez forcément les parcours qui vous conviendront. Il existe à Marseille une multi de 15 caches, sur le thème de l’obélisque de Castellane, partant de l’avenue du Prado et se terminant sur le boulevard Michelet. Vous n’aurez plus qu’à faire trempette, à l’arrivée, en guise de récompense. Sinon, vous pouvez tenter celle du GR20, en Corse, à condition d’être bien préparé. Plus accessible : les ruines du château de Crussol, sur les hauteurs de Guillerand-Granges, près de Valence. Le point de vue sur la Vallée du Rhône est magnifique et une douzaine de caches vous attendent tout autour du site.

Alors, maintenant que vous avez téléchargé l’appli, quel pseudo allez-vous choisir ?

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Chaque année, ils sont de retour : les Culicidés ou maringouins, plus communément appelés moustiques. Heureusement, l’homme a su trouver une parade en créant des insecticides, chimiques ou naturels, plus ou moins efficaces et qui visent à rendre nos journées et soirées d’été plus agréables. L’insecticide, quelle belle invention, selon moi, au risque de contrarier la plupart des entomologistes. Il suffit de voir les ravages causés tous les ans par le paludisme, la dengue ou le chikungunya pour s’en convaincre. Il en est de même pour les herbicides, fongicides, bactéricides, virucides (vous avez dit COVID ?), dont la terminaison a pour effet d’annoncer clairement la couleur. Cette terminaison s’appelle un « suffixe ». Mais qu’est-ce qu’un suffixe ? Il s’agit d’un élément (« cide ») placé après un radical (« insecte ») pour former un dérivé (« insecticide »).

Le suffixe « -cide » issu du verbe latin caedere qui signifie « frapper, abattre, tuer », sert à composer des substantifs ou adjectifs désignant des agents qui portent atteinte par une action destructive violente à la vie des organismes vivants (vie humaine, animale, végétale, cellulaire). Malheureusement, c’est là que tout se complique car, par extension, le suffixe a été rattaché à d’autres termes, créant ainsi des mots que l’on aurait aimé ne jamais prononcer : génocide, infanticide, fratricide, etc. Nous sommes loin, vous en conviendrez, du fameux « Cid » de Corneille, même si une ambiance tragique semble peu à peu nous envahir. Sachez qu’il existe au total, dans la langue française, 91 mots se terminant par « cide ». Tous n’ont pas une signification funeste, heureusement. C’est le cas, par exemple, de « glucide, lucide, acide ou placide ».

Il y en a un qui vient de faire son entrée dans le Larousse 2020 (alors qu’il figure dans le Robert depuis 2015 !) et ce, presque en catimini car tellement dérangeant, tellement choquant, tellement glaçant ! Il s’agit du mot « féminicide ». Bien qu’il fasse partie de notre triste actualité depuis plusieurs années, avec le décompte macabre conduisant à cette statistique qui ne doit surtout pas devenir une banalité : 1 femme meurt tous les 3 jours des coups de son compagnon ou     ex-compagnon.

Je me permets d’ouvrir une parenthèse purement étymologique qui nous rappelle qu’il existait déjà un terme qualifiant ce « meurtre d’une femme, d’une fille, en raison de son sexe » : c’est « l’uxoricide » (le meurtre d’une femme convaincue d’adultère et excusée par la loi dans le droit romain) qui a été « abandonné » au milieu des années 70, lorsque le féminicide est devenu « un fait de société ». Il était aussi imprononçable et peu évocateur auprès du grand public.

Aujourd’hui, le féminicide marque les esprits. Suffisamment ? Sans doute pas, selon moi. La société, de tradition patriarcale, macho et sexiste, dans laquelle nous vivons et où une relation amoureuse implique que la femme « appartient » à son compagnon, a beaucoup de mal à se défaire des stéréotypes selon lesquelles la femme ne peut être l’égale de l’homme.

Combien de générations faudra-t-il attendre pour que tous les jeunes garçons acceptent enfin (avec l’aide de leurs parents) qu’une fille puisse jouer au ballon dans la cour de récréation ? Combien de générations faudra-t-il attendre pour que tous les adolescents apprennent enfin (avec l’aide de leurs parents) que l’éducation sexuelle ne se fait pas en visionnant des films X ? Combien de générations faudra-t-il attendre pour que tous les hommes comprennent enfin qu’ils n’ont aucun droit de propriété ou de soumission sur leur compagne ? Dire que la société tout entière doit changer est une erreur car cela englobe les femmes ; or, je vous rappelle qu’il s’agit ici des victimes.

La solution viendra donc de nous, les hommes : en nous insurgeant plus fortement devant des tels agissements inadmissibles, en instaurant une vraie parité partout pour casser cette image de domination virile et en respectant, en chérissant la Femme à sa juste valeur, voire un peu plus. Ainsi, ce terme de « féminicide » tombera le plus vite possible dans l’oubli lexical.